Introduction

  

                                                       Cata

 

   L’auteur de ce site, dont le pseudonyme était SIBIL, nous a quittés en 2011. Elle laissait dés lors à ses amis de nombreux « matériaux » concernant ses recherches sur Cagliostro. Une première mouture de son livre achevée, (restait uniquement quelques notes de bas de pages non complètement finalisées, et quelques phrases surlignées qu’elle voulait compléter, ou dont elle souhaitait revoir la formulation). D’autre part, des notes numériques ou manuscrites, dont certaines, quand elles étaient assez claires, ont été incluses dans l’ouvrage. Mais également plusieurs documents ayant pour but de compléter certains chapitres, les chapitres 4, 5 et 7.

Quand l’intention de l’auteur nous était connue, nous avons en annexe des chapitres concernés rajoutés des notes, qui donnent les orientations nouvelles qu’elle souhaitait développer. Le titre de son livre par exemple, est venu tardivement. Nous nous souvenons très bien que lors de nos conversations avec elle, quand elle nous faisait part de ses plus récentes réflexions, quelques mois après que la première mouture du livre soit finie, il était alors devenu évident pour elle que Cagliostro et ses travaux se plaçaient dans une optique radicalement chrétienne, bien plus, dans la lignée du christianisme primitif. C’est ainsi, autour d’une boisson, que le titre de son ouvrage surgit : Cagliostro, l’Apôtre du Christ.

Il est à préciser qu’un ami commun l’a beaucoup aidée dans cette prise de conscience.

 

   Nous avons mis dans le corps du texte des photos, celles-ci sont issues du fonds qu’elle s’était constituée. Nous avons le projet, également, de mettre en ligne la traduction en français (ce qui n’a jamais été fait) du « pamphlet » de Madame de Recke contre Cagliostro, texte d’une réelle valeur historique sur lui et sur sa loge. Une amie finalise cette traduction que SIBIL avait commencée.

 

   SIBIL aimait la France et en avait appris sa langue, mais n’avait eu que peu d’occasion de la pratiquer à l’écrit, ceci pour préciser que certaines tournures de phrases paraîtront peut-être maladroites aux lecteurs avisés ; nous avons tenu à garder son style, il témoigne de ce qu’elle fut et de son histoire. Nous sommes intervenus sur les ponctuations, reste sans doute des fautes, nous nous en excusons, nous ne sommes pas correcteur de métier ; n’hésitez pas à nous les signifier.

    SIBIL, bien avant son adolescence et jusqu’à la fin de sa vie, a vécu une passion tourmentée pour Cagliostro. Il est difficile d’en dire plus sans rentrer dans les secrets d’une âme et de son destin. Disons qu’elle avait une relation « mystique » avec lui, heureusement, ce qui n’aurait pu rester qu’une « histoire à deux », sans grand intérêt pour nous, est devenue, grâce à sa soif de vérité, à son désir de le faire connaître et aimer, une passion créatrice tournée vers les autres.

Après avoir tout lu de ce qui avait été écrit sur Cagliostro, consulté bien des archives, appris l’italien et l’allemand pour lire les sources rédigées dans ces langues, elle a mené ses propres recherches, vérifiant également les informations données par d’autres historiens et auteurs. Le temps passant, elle a souhaité pour lui rendre justice – ce qui lui tenait infiniment à cœur –, publier le fruit de ses recherches, ce qu’elle fit dans un premier temps par la création d’un blog, puis de ce site, et par ce livre posthume.

Elle voulait tout particulièrement démontrer, à quel point, Cagliostro avait été avant tout un chrétien, et rien d’autre, le sortir le plus possible de cette vision ésotérique qui lui a été mise sur les épaules, par des auteurs et des personnages souhaitant avant tout le récupérer pour valider leurs recherches, ou légitimer leurs groupes ésotériques.

Ce point de vue a sans doute éloigné bien des gens de Cagliostro, les empêchant ainsi de voir en lui un Ami du Christ. D’autres personnes ont pu être troublées, n’arrivant pas à concilier les guérisons qu’il faisait, sa charité, et dans le même temps, ses relations avec les maçons de l’époque, et les propos qu’il eut parfois contre les pratiques de l’Église catholique. Même la loge qu’il fonda était chrétienne, et permettait de revenir à l’inspiration qui fut celle des premiers chrétiens, quand l’Esprit régnait encore. Il faut par ailleurs, pour mieux le comprendre, ne jamais oublier que Cagliostro prenait les gens où ils en étaient de leurs recherches, de leurs points de vue, et qu’il essayait de les amener peu à peu à une approche plus dépouillée. Ceci peut expliquer pourquoi nous le voyons œuvrant auprès de groupes et d’individus qui sont forts loin d’une optique chrétienne.

D’autres encore ont de Cagliostro une image fausse et mensongère, celle d’un escroc, d’un charlatan ; cette image véhiculée par tant de pamphlets, de films, d’émissions et de feuilletons, quand ce n’est pas dans des ouvrages dits sérieux, dictionnaires et autres.

 

   Cagliostro voulait apporter la Lumière du Christ à son époque, et à tous ceux qui l’approchaient ; ce qu’ils ont pu en faire dépendait d’eux, de leur bonne volonté. Il pourrait nous être rétorqué, que dans ce cas, Cagliostro n’avait qu’à agir dans le champ catholique ? C’est oublier qu’il était trop libre dans sa personne et dans sa façon de voir les choses, trop indépendant pour s’inféoder à un quelconque groupe. L’Église était déjà, et depuis fort longtemps, verrouillée dans son approche, s’étant octroyé le monopole du salut, de la direction spirituelle, de la vérité sur le Christ et son message. Toute personne s’octroyant également une légitimité sur ces sujets représentait un danger, ce qui explique sans doute son procès. Néanmoins, Cagliostro a essayé de faire valider son  « rite » auprès du Pape, comme le livre de SIBIL l’expliquera.

Il vint en ce XVIIIème siècle pour tous les êtres de bonne volonté.

 

   Comment placer l’ouvrage de SIBIL dans la liste de ceux existants ? Selon nous, à la première place, à côté de celui de Marc Haven, et ce pour plusieurs raisons. De par le souci permanent qu’elle avait de la vérité, tant dans les faits historiques, que dans celui de la compréhension de la nature complexe de Cagliostro. Par la chance qu’elle eut de naître à l’époque du net ; la grande majorité de ses découvertes c'est faite par ce moyen. D’un point de vue mystique : parce que ses recherches étaient l’écho d’un vécu spirituel réel et douloureux, et pour finir, parce que, tout comme Marc Haven, elle avait le même point de vue sur l’identité spirituelle de Cagliostro. Leurs deux ouvrages ainsi se complètent, et se « tiennent par la main ».

Il y a bien des pistes que l’auteur n’a pas eu le temps de finir d’explorer, des idées qu’elle n’a pas eu le temps d’élaborer en les confrontant aux documents, aux « mémoires », aux idées philosophiques, politiques et religieuses de l’époque. Nous espérons que d’autres reprendront le flambeau qu’elle a laissé à terre, et poursuivront la quête de la vérité historique, avec la rigueur, l’honnêteté et la passion, qui étaient les siennes.

Deux projets lui tenaient à cœur, le premier : faire des recherches approfondies sur les disciples de Cagliostro, en vue d’une publication, et le deuxième : d’obtenir du Vatican, la levée de l’interdiction – toujours actuelle après plus de deux cent ans –, qui pèse sur les minutes du procès qui l’opposa à l’inquisition, et de rendre ceux-ci disponibles aux chercheurs et aux historiens.

Pour finir, deux points importants, le premier : les diverses citations ont été traduites en français moderne, si des erreurs existent n’hésitez pas à nous les faire connaître. D’autre part, si une personne voulait rédiger une courte présentation des spécificités de la langue du XVIIIème siècle, nous la placerions dans l’ouvrage.

Le deuxième point, nous nous excusons par avance en ce qui concerne les images présentent dans l’ouvrage, pour ne pas avoir nommé leur provenance, si des personnes, des institutions privées ou publiques, possèdent des droits sur celles-ci, qu’elles n’hésitent pas à nous écrire. Nous remercions tout particulièrement, les archives Sarasin de Bâle, qui nous ont autorisé à mettre en ligne certains documents de leurs fonds.

 

Vous qui aimez Cagliostro ! Vous qui êtes intéressés par lui ! N’hésitez pas à faire connaître autour de vous cet ouvrage. Ainsi, notre cher Comte sera toujours présent en notre temps. 

                                                                       

                                                                                                                                                                                                                                                                     En mémoire d'elle