Lettre à Ramond de Carbonnières

 

Mon fils, c’est avec une grande peine que je vois les erreurs de votre opinion. Je vous ai averti deux fois et vous ne m’avez pas écoute. Donc, je vous le dis pour la troisième fois : prenez garde à  vos affaires et sachez que Planta a presque perdu la tête à cause de ses erreurs et que Straub et sa fille seront arrêtés par ordre du Procureur général. Vous pouvez les avertir, au nom de Dieu, de ne négliger aucun instant s’ils ne veulent pas perdre leur liberté.

Pour vous, ne vous faites plus voir en compagnie de Straub, car il y a des gens qui observent vos démarches. Et comme vous ne voulez pas donner de la peine à vos parents, écoutez moi, pour la dernière fois. Réfléchissez bien et sachez que je vous parle au nom de Dieu en vous demandant de tout faire sans perdre une minute si vous ne voulez pas consommer votre ruine, du moins soumettez-vous à vos devoirs filiaux d’obéissance en ne croyant rien de ce que vous croyez. Ainsi vous me rendrez ma peine plus supportable.

Recevez en attendant la bénédiction paternelle au nom de l’Eternel Dieu.

Je vous souhaite toute satisfaction par ailleurs et serai toujours pour vous

Cagliostro.