Mémoire pour le Comte de Cagliostro (5) - Refutation de la partie du mémoire de la comtesse de la Motte, qui concerne le Comte de Cagliostro

EXTRAIT DU MÉMOIRE.

La Comtesse de la Motte débute ainsi, dès son exorde, page 6.

« Ici s'introduit l'un de ces personnages que le Vulgaire ignorant appelle des Hommes extraordinaires, Empirique, Rêveur sur la pierre Philosophale, Faux Prophète dans les Sectes dont il se dit instruit, Profanateur du seul culte vrai; et qualifié par lui-même Comte de Cagliostro. Oui, dépositaire, de la part de M. de Rohan, du splendide Collier, Cagliostro l'a dépecé pour en grossir le trésor occulte d'une fortune inouïe. »

OBSERVATIONS.

Quelque chose qu'on ait pu dire du style qui règne dans la Défense de la Comtesse de la Motte, il a du moins un avantage incontestable, c'est ceLui de renfermer beaucoup d'injures dans un petit espace. Au surplus mon intention n'est pas de m'ériger en censeur de la partie grammaticale du Mémoire; j'aurais même passé sous silence cette légère observation, si, contente de blesser la Langue, la Comtesse de la Motte eût respecté, dans ses Ecrits, le public, la décence et la Vérité. Passons donc aux injures.

« Empirique dans l'art des cures humaines »
Empirique! je me rappelle d'avoir souvent entendu ce mot dans la bouche de certaines personnes; mais je n'ai jamais pu savoir au juste ce qu'il signifiait. Aurait-on voulu par là désigner un homme qui, sans être Docteur, a des connaissances en Médicine, qui va voir les malades, et ne fait point payer ses visites, qui guérit les pauvres comme les riches, et ne reçoit d'argent de personne: en ce cas, j'en conviens, j'ai l'honneur d'être Empirique.

« Bas Alchimiste »
Alchimiste ou non, la qualification de bas ne convient qu'à ceux qui demandent et qui rampent; et l'on sait si jamais le Comte de Cagliostro a demandé des grâces ou des pensions.


« Rêveur sur la Pierre Philosophale »
Quelque sait mon opinion sur la Pierre Philosophale, je me suis tu; et jamais le Public n'a été importuné de mes rêveries.

« Faux Prophète, etc. »
Je ne l'ai pas toujours été. Si M. le Cardinal de Rohan m'eût cru, il se serait défié de la Comtesse de la Motte; et nous ne serions pas où nous sommes.

« Profanateur du seul Culte vrai »
Ceci est plus sérieux. J'ai toujours respecté la Religion. Je livre ma vie et ma conduite extérieure à l'inquisition des Lois: quant à mon intérieur, Dieu seul peut m'en demander compte.

« Qualifié par lui-même Comte de Cagliostro »
J'ai porté dans toute l'Europe le nom de Cagliostro: Quant à la qualité de Comte, on peut juger par l'éducation que j'ai reçue; et par les égards qu'ont eus pour moi le Muphti Salahaym, le Chérif de la Mecque, le grand Maître Pinto, le Pape Rezzonico, et la plupart des Souverains de l'Europe, si ce n'est pas plutôt un déguisement qu'une qualification.

« Dépositaire du splendide Collier »
Je n'ai jamais été dépositaire du Collier; je ne l'ai jamais vu.

« Cagliostro l'a dépecé pour en grossir le « trésor occulte d'une fortune inouïe »
Si ma fortune est inouïe, si je suis possesseur d'un trésor occulte, je n'avais donc pas besoin, pour m'enrichir, de dépecer un collier.

Quand un homme est assez riche, assez grand pour avoir pu dédaigner, toute sa vie, les bienfaits des Souverains, et pour avoir refusé constamment des dons que le commun des hommes peut recevoir sans s'avilir, il ne flétrit pas, en un moment, la gloire d'une vie sans reproche; il ne descend pas tout à coup de la magnificence d'un Prince à des actions déshonorantes, où l'homme ne peut être conduit que par un excès d'inconduite et de dissipation.

EXTRAIT DU MEMOIRE.

La Comtesse de la Motte continue:

«Pour voiler son vol, Cagliostro a commandé  à M. de Rohan, par l'empire qu'il s'est créé sur lui, d'en faire vendre et d'en faire monter de faibles parcelles à Paris par la Comtesse de la Motte; d'en faire monter et vendre des portions plus considérables, en Angleterre, par son mari ».

OBSERVATIONS.

L'intention de la Comtesse de la Motte dans cette fable dénuée de vraisemblance, a été de tourner en ridicule la personne de M. le Cardinal de Rohan, en le représentant non comme mon ami, mais comme un esclave tellement soumis à mes volontés, qu'en lui commandant de se rendre complice d'un vol dont le bénéfice eût été tout entier pour moi, il n'hésite pas à m'obéir.

Une pareille assertion, réunissant à la fois l'extravagance et l'indécence, ne mérite pas une réponse sérieuse.

Elle peut cependant devenir précieuse au procès, en ce qu'elle contient un aveu formel qu'une partie des diamants provenant du collier, a été vendue en France par la Comtesse de la, Motte; et qu'une autre partie l'a été en Angleterre parle Comte de la Motte.

EXTRAIT DU MEMOIRE.

On trouve dans le Mémoire de la Comtesse de la Motte page 23, ces expressions:

« Ce sont ici les vastes projets de Cagliostro, qui, voilés d'abord, se sont développés par des Commencements des progrès, une issue également meurtrière pour M. le Cardinal et la Dame de la Motte »

OBSERVATIONS.

Les développements dont parle ici la Comtesse de la Motte, ces vastes projets qui sont d'abord voilés et qui se développent ensuite par des commencements, des progrès, une issue, supposent au moins une année entière, consacrée à l'intrigue avant de parvenir à se rendre maître du Collier.

Mais comment concilier cette supposition avec la vérité?

Je suis venu à Paris en 1783 pour la première fois; mais je n'y ai resté que treize jours, occupé du matin au- soir à traiter des malades; ce n'est certainement pas alors que j'ai pu m'occuper d'intrigue. Voyons s'il est possible que je m'en sois mêlé dans mon dernier voyage.

La plainte rendue par M. le Procureur Général annonce que les négociations, relatives au Collier, ont été faites à la fin de janvier 1786; elle annonce que c'est le 29 Janvier que les Joailliers ont mis leur acceptation au bas des propositions présentées par M. le Cardinal de Rohan, et que le Collier a été livré dans la matinée du premier Février.

Je suis arrivé à Paris (le fait est facile à vérifier) le 30 Janvier 1785, à, neuf heures du soir.

Tout était donc consommé lors de mon arrivée; si l'on en excepte la livraison du Collier qui a eu lieu trente six heures après.

J'étais à Lyon pendant le temps des négociations.

J'étais à Bordeaux dans le temps de l'apparition de la fausse Reine dans les bosquets de Trianon.

Je serais donc arrivé à Paris exprès pour recueillir le fruit d'une intrigue qu'un autre que moi aurait tramée.

Quelle absurdité!

Et je suis décrété de prise de corps!

Et les voûtes de la Bastille retentissent depuis six mois de mes gémissements et de ceux de mon épouse infortunée!

Et les cris de l'innocence opprimée n'ont pas encore pu frapper l'oreille du plus juste des Rois. Mais continuons la lecture du libelle.

EXTRAIT DU MEMOIRE.

La Comtesse de la Motte, après avoir prétendu prouver la nécessité de me décréter, et m'avoir traité d'escroc, d'être aérien, etc. s'exprime ainsi:

« Que répondra-t-il au premier article de son Interrogatoire? Son nom, son surnom, ses qualités!... lui le Comte, la femme attachée à sa fortune la Comtesse de Cagliostro. »

OBSERVATIONS.

Ce n'était donc pas assez au défenseur de la Comtesse de la Motte de me calomnier, de m'injurier. Il m'attaque dans la partie la plus sensible de mon existence. Il veut avilir mon épouse. Ah! J’aurais pu pardonner ce qui m’était personnel. Mais ma femme! Que lui a-t-elle fait? Qu’a-t-elle fait à la Comtesse de la Motte? Comment un homme qui a un caractère public, se permet-il d’en abuser pour abreuver d'amertume le cœur d'une créature innocente et vertueuse, qui n'est point sa partie adverse, contre laquelle il n'y a ni plainte ni décret, à laquelle lui-même ne peut rien reprocher que le malheur d'avoir uni sa fortune à la mienne.

Ce qu’il y a de certain c'est que depuis seize années que j’ai le bonheur d’être uni à la Comtesse de Cagliostro par les noeuds les plus légitimes, elle ne m'a jamais quitté; que jamais elle n'a fait un pas qui ne puisse être avoué par la plus sévère décence et la plus scrupuleuse délicatesse, et que, s'il est dans la Nature une femme que la calomnie a du respecter, c'est la mienne.

Quant aux preuves qu’on prétend être en droit d'exiger de la célébration de notre mariage, je m'engage, s’il le faut, à les rendre publiques, lorsque j’aurai recouvré la liberté et mes papiers.

EXTRAIT DU MEMOIRE.

La Comtesse de la Motte ose dire qu'un de mes domestiques se vante d'être depuis 150 ans à mon service; que quelquefois je me donne 300 ans; que, d'autres fois, je me vante d'avoir assisté en Galilée aux noces de Cana, et que c'est pour parodier la transformation miraculeuse des espèces dénaturées que j'ai imaginé de multiplier le collier dépecé en cent manières et cependant remis entier, dit-on, à une auguste Reine;

Que je suis tantôt Juif Portugais, tantôt Grec, tantôt Egyptien d'Alexandrie, dont j'ai rapporté en Europe les allégories et les sortilèges.

Que je suis un de ces extravagants rose-croix qui possèdent l'art de faire converser avec les morts; que je traite les pauvres pour rien, mais que je vends pour quelque chose l'immortalité aux riches.

Que ma société est composée de visionnaires de tous les rangs.

Elle finit par donner à entendre que j'ai fait quelques mauvaises actions dans certaines Cours de l'Europe, et que quelques unes sont de la connaissance de la Dame Bohmer.

OBSERVATIONS.

On s'attend bien que je ne répondrai pas en détail à ce torrent d'injures et d'absurdités.

Je l'ai déjà dit; j'ai été élevé comme fils de Parents Chrétiens. Je n'ai jamais été ni juif ni Mahométan. Ces deux Religions laissant sur ceux qui les ont professées des empreintes ineffaçables; on peut constater la vérité de ce que j'avance; et, plutôt que de laisser à cet égard l'ombre d'un doute, je me soumettrai, s'il le faut, à une vérification plus honteuse pour ceux qui l'exigent que pour celui qui la souffre.

Au surplus je désirerais bien que la Comtesse de la Motte daignât particulariser les faits qu'elle m'impute. Qu'elle dise sans crainte quel est le riche à qui j’ai vendu l'immortalité. Qu’elle veuille bien citer un seul de ces hauts faits qui m'ont fait connaître dans les Cours de l'Europe; surtout je la défie de déclarer quelles sont parmi les mauvaises actions qu'elle m’impute celles qui sont à la connaissance de la Dame Bohmer.

Si la Comtesse de la Motte, contente de me dire des injures vagues, et de faire, en parlant de moi, des réticences perfides, ne répond pas à des défis aussi formels, je lui déclare, une fois pour toutes, que je me contenterai, moi, de faire à toutes ses réticences, à toutes ses injures passées, présentes et futures, une réponse bien laconique, bien claire, bien énergique, que l'auteur des Provinciales faisait autrefois, en pareil cas, à une société puissante, réponse que la civilité me défend de mettre en français, mais que la Comtesse de la Motte pourra se faire expliquer par ses conseils; mentiris impudentissime.

EXTRAIT DU MEMOIRE.

La Dame de la Motte raconte ensuite, à sa manière, l'histoire du Magnétisme exercé sur sa nièce. C'est à dire en y ajoutant une foule de circonstances contraires à la vérité, et en y faisant entrer l'histoire du Collier avec une maladresse et une invraisemblance qu'elle ne prend pas même le soin de déguiser.

Elle met dans la bouche de M. le Cardinal de Rohan, Académicien, homme de Cour, des phrases d'une platitude tellement révoltante que le dernier des laquais rougirait de les avoir proférées. Elle entend derrière un paravent le cliquetis des baisers qu'un bel ange et sa Nièce se donnent réciproquement.

Sur une table sont accumulés les objets les plus propres à exciter la terreur. Ce sont des épées croisées, des rubans de différentes couleurs, des croix de différents Ordres, un poignard et une carafe d'eau extrêmement claire; et, pour comble d'horreur. « Ce sombre spectacle est éclairé par un luminaire étonnant.

A la suite de ce bizarre appareil, je fais jurer à la Comtesse de la Motte de garder le secret; puis j’ordonne au Prince d’aller chercher une grande boîte blanche. Nous l'ouvrons; et le Prince donne la commission à la Comtesse de la Motte de vendre et de faire vendre par son mari, une certaine quantité de Diamants.

OBSERVATIONS.

Il faut, ou que la Comtesse de la Motte ait perdu tout à fait la tête, ou qu'elle ait une bien grande confiance dans la crédulité de ses juges, pour espérer qu'elle pourra se tirer d'affaire, en débitant de semblables absurdités.

J'ai déjà rendu compte, page 42 et suivantes, du fait, tel qu'il s'est passé, et du motif honnête qui m'avait porté à me prêter à cette comédie. M. le Prince de Luxembourg et M. de Carbonniéres  pourront attester s'il en est besoin, la vérité de la réponse portée dans mon Interrogatoire.

EXTRAIT DU MEMOIRE.

«Le premier ou le deux Août, M. le Cardinal montra à la Comtesse de la Motte une petite lettre à vignettes, qu'il plia de haut et de bas, pour ne lui laisser lire que le milieu. La Dame la Motte lit: (ceci mérite attention) « J’envoyé par la petite Comtesse.... » Et à la suite un nombre de chiffres que la Dame de la Motte ne put pas additionner, elle lit encore: « Pour tranquilliser ces malheureux, je serais fâché qu’ils fussent dans la peine. » A cette lecture, M. de Rohan s'écrie: «M'aurait-elle trompé! La petite Comtesse! Mais cela est impossible; je connais trop Madame de Cagliostro ». Et point d'équivoque ici avec la Comtesse de la Motte, qui était présente, à qui il aurait dit: «M'auriez-vous trompé? Mais je connais trop Madame de Cagliostro ».

OBSERVATIONS.

Toujours des fables; jamais ni preuves ni vraisemblance. Que veut dire la Comtesse de la Motte par cet entortillage? A qui la lettre était-elle adressée? Elle ne parle pas de l'adresse. Par qui était-elle écrite? Par mon épouse? J'ai déjà dit qu'elle ne savait pas écrire. Par moi? Je n’écris jamais en Français, et très rarement en Italien. Par M. le Cardinal de Rohan? Pourquoi n'aurait-il lu à la Comtesse de la Motte qu'une partie de la lettre, et lui aurait-il soigneusement caché le surplus? Pourquoi cette exclamation en lisant trois ou quatre mots d'une lettre écrite par lui? Quelle est cette tromperie dont il soupçonne un instant mon épouse? Pourquoi, en parlant d'elle, la nomme-t-il tantôt avec familiarité, la petite Comtesse, tantôt avec respect, Madame de Cagliostro? Ce que l'on voit clairement dans cette partie du Mémoire de la Comtesse de la Motte, c'est que, pour me porter tous les coups à la fois, elle a cherché à impliquer mon épouse dans une affaire dont elle n'a jamais eu la plus légère connaissance.

EXTRAIT DU MEMOIRE.

La Comtesse de la Motte termine ainsi sa longue diatribe:

« Il faut que le Personnage apprenne, par une nouvelle Instruction, que, si depuis longtemps des Tribunaux éclairés ne condamnent plus à des peines capitales le sortilège proprement dit; les mêmes Tribunaux se sont réservé des censures, lorsque le sortilège est accompagné de maléfices, de vols, d'escroqueries, et surtout lorsqu'il se multiplie par des élèves et dans des écoles»

OBSERVATIONS

Ainsi la Comtesse de la Motte regrette de n’être plus dans ces temps heureux, où une accusation de sortilège m’eût conduit au bûcher. Ainsi la Comtesse de la Motte me représente comme formant des élèves en sorcellerie, et leur donnant des leçons de vol et d'escroquerie. Quels sont donc les hommes assez vils pour venir écouter les leçons d’un tel maître? Ce ne sera certainement pas dans ma société que la Comtesse de la Motte pourra les trouver. Je ne crois pas devoir citer ici les personnes qui m'ont fait l'honneur de fréquenter ma maison; mais je puis dire, avec vérité, qu’il n'en est pas un seul que l'homme le plus délicat et le plus difficile dans ses liaisons ne fût honoré de connaître.

 

Au surplus, je suis persuadé que la Comtesse de la Motte, m'a fait tout le mal qu’elle m’a fait, moins par haine contre moi, que dans le dessein de se justifier; mais, quelle qu'ait été son intention, je lui pardonne, autant qu’il est en moi, les larmes amères qu’elle m'a fait répandre. Et qu'elle ne pense pas que ce sait de ma part une modération affectée. Du sein de la prison où elle m'a entraîné, j' invoquerai pour elle la clémence des Lois; et, si, lors qu' enfin mon innocence et celle de mon épouse seront reconnues, le plus juste des Rois croit devoir quelque dédommagement à un Etranger infortuné, qui ne s'était fixé en France que sur la foi de sa parole royale, de l'hospitalité et du droit des gens; la seule satisfaction que je demande, c' est que Sa Majesté veuille bien accorder, à ma prière, la grâce et la liberté de l'infortunée Comtesse de la Motte.

 

Cette grâce, si je l'obtiens, ne peut blesser la Justice. Quelque coupable que puisse être la Comtesse de la Motte, elle est assez punie. Ah! L’on peut en croire ma douloureuse expérience; il n'est point de forfaits que six mois de Bastille ne puissent expier.

Vous avez lu, juges et Citoyens! Tel est l'homme qui se fit connaître à Strasbourg, à Bordeaux, à Lyon, à Paris, sous le nom de Comte de Cagliostro. J'ai écrit ce qui suffit à la Loi, ce qui suffit à tout autre sentiment que celui d'une vaine curiosité.

Direz-vous que ce n'est pas assez? Insisterez vous encore pour connaître plus particulièrement la Patrie, le nom, les motifs, les ressources de cet inconnu? Que vous importe, Français? Ma Patrie est, pour vous, le premier lieu de votre Empire où je me suis soumis avec respect à vos Lois; Mon nom est celui que j’ai fait honorer parmi vous; mon motif est Dieu; mes ressources, mon secret. Quand, pour soulager l’infirme, ou pour nourrir l’indigent, je demanderai à être admis ou dans vos Corps de médecine, ou dans vos sociétés de bienfaisance; alors vous m'interrogerez; mais faire, au nom de Dieu tout le bien que je puis faire, est un droit qui n’exige ni nom, ni Patrie, ni preuves, ni caution.

Français! N’êtes-vous que curieux? Vous pouvez lire ces vains écrits où la malice et la légèreté se sont plues à verser sur l'ami des hommes l'oppro¬bre et le ridicule.

Voulez-vous, au contraire, être bons et justes? N’interrogez point; mais écoutez et aimez celui qui respecta toujours les Rois, parce qu’ils sont dans les Mains de Dieu, les Gouvernants parce qu'il les protège, la Religion parce qu'elle est sa loi, la loi parce qu'elle en est le supplément, les hommes enfin, parce qu'ils sont comme lui ses enfants.

Encore une fois, n'interrogez point; mais écoutez et aimez celui qui est venu parmi vous faisant le bien, qui se laissa attaquer avec patience, et se défendit avec modération.

Signé, le Comte de CAGLIOSTRO

M. TITON DE VILLOTRAN Rapporteur.

M. THILORIER Avocat.

BRAZON, Proc.