Jacob et Gertrude Sarasin


Jacob Sarasin était né le 26 janvier 1742 dans une famille de riches commerçants bâlois. Comme beaucoup de protestants français, ses ancêtres avaient quitté  la Lorraine au XVIème siècle et avaient trouvé refuge en Suisse. Depuis plusieurs générations, la famille  s'impliquait dans le commerce des textiles. En 1753, à la mort de leur père, Jacob et son frère aîné, Lucas (1730-1802) prennent en main les affaires.

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Le 8 janvier 1770, Jacob épouse Gertrude Battier, fille d’un riche marchand bâlois. Comme son mari, Gertrude avait des origines françaises. De leur mariage naîtront  neuf enfants (1):  
  1. Félix (1771-1839). Il a servit de pupil à Cagliostro dans les cérémonies de la loge égyptienne de Bâle. Il s'est marié en 1796 avec Carolina Burckhardt (1771-1854)
  2. Gertrud ( 1772-1822), mariée en 1795 à Hanau avec Christoph Socin
  3. Susanna Katharina ou Suzette ( 1773-1809), mariée en 1794 avec Benedikt Sarasin. Elle a habité pendant quelques mois dans la maison de Cagliostro à Bienne, en 1787-1788
  4. Esther ( 1775-1839), mariée avec Benedikt Respinger
  5. Charlotte (1778-1844), mariée en 1795 avec Hieronymus Geigy
  6. Alexander (1782-1814). C'est l'enfant né miraculeusement peu après la guérison de Getrude Sarasin à Strasbourg. Il a reçu le prénom de Cagliostro, qui a été son parain.  Alexander ne s'est pas marié. Il est parti en Russie et est devenu officier dans l'armée russe.
  7. Sophie, née en 1783 et morte peu après, le même année
  8. Antoinette Sophie (née en decembre 1784-1830), mariée en 1801 avec Emanuel Burckhardt
  9. Karl (1788-1843), marié en 1812 avec Salome Heusler.

Après avoir donnée naissance à cinq enfants, la santé de Gertrude devient délicate et même inquiétante à partir de l’été 1779. Elle reste alitée, épuisée par la fièvre et les convulsions, elle ne peut  pas manger et n'arrive pas à dormir. Les médecins se déclarent impuissants et annoncent sa fin prochaine. En janvier 1781, de nouvelles crises plus puissantes que jamais décident son mari, Jacob Sarasin,  à faire appel à un médecin strasbourgeois qui faisait des miracles : Alexandre de Cagliostro.

Lavater, leur  grand ami, est missionné à Strasbourg pour le consulter. Il est accompagné par le médecin courant de Gertrude, le docteur Hotze, et un jeune bâlois, Tobler. Cagliostro les reçoit le 24 janvier. Devant les trois hommes, l’entrevue se transforme alors en interrogatoire, car Lavater, ne se positionne pas en humble besogneux, mais en savant curieux. Il doute, il pose milles questions sur la science du Maître. La façon  dont Cagliostro répondait aux curieux et aux orgueilleux était bien connue.  N'avait-il déjà repondu au cardinal de Rohan :  « Si Monsieur le cardinal est malade qu’il vienne et je le guérirai ! S’il se porte bien, il n’a pas besoin de moi, ni moi de lui. »

A ses questions répétées « Sources de  vos connaissances ? Acquises de quelle manière ? En quoi consistent-elles ?», Lavater reçoit une réponse lapidaire : «In verbis, in herbis, in lapidibus» (en paroles, en herbes, en minéraux). Mais Lavater ne se lasse pas. Il revient le lendemain seul et plus humble. Cagliostro accepte alors s’occuper de Gertrude Sarrasin,  comme il le  faisait souvent  avec tous ceux abandonnés par la médecine officielle.

Le 29 mars 1781, Jakob accompagne sa femme à Strasbourg. Ils vont rencontrer Cagliostro le 1er avril.  Après une consultation, qui durera plus d’une heure, Gertrude entrera sous sa protection et commencera son  traitement. Les premiers résultas ne tardent pas à apparaître.

Le 23 avril, ses affaires l’appelant à Bâle, Jakob laisse sa femme et sa fille Suzette, chez le comte, mais il revient  le 2 mai, pour quelques jours. Le 27 avril 1781 il écrit : «Cagliostro est un dieu», remarque annonçant une réussite. Les crises de Gertrude sont de moins en moins fréquentes, pour enfin disparaître totalement. Elle mange à nouveau et son sommeil devient enfin réparateur. Vers la fin de l’année, lorsque les médecins officiels commencent à agresser Cagliostro, Jacob raconte les détails de ce miracle à Straub, le directeur de la Manufacture Royale des Armes blanches en Alsace, lettre qui sera publié dans le Journal de Paris, le 31 décembre 1781.


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En octobre 1781, Cagliostro se rend  à Bâle pour rendre visite à sa patiente. Il revient le 28 octobre à Strasbourg avec toute la maison de Jacob Sarasin (enfants, serviteurs etc.). Ils logeront chez lui dans la maison dite de « la lanterne ou de la Vierge », « dans la plus grande intimité, soupant en famille tous les jours, habitant avec eux comme les premiers Chrétiens», d’après le témoignage laissé par le suisse Burkli dans une lettre du 1er avril 1782.

La santé de Gertrude est rétablie, au grand étonnement de tous, et quelques mois plus tard elle  accouche d’un garçon, le 14 avril 1782. L’enfant, dont le parrain sera Cagliostro, recevra le prénom Alexandre. Plus tard, pendant le procès de Rome, Serafina Cagliostro dira aux Inquisiteurs que son mari a eu un garçon avec Gertrude Sarasin et qu'elle tenait cette information de Cagliostro en personne.

Toute la famille retournera à Bâle le 19 septembre 1982. Le 21 septembre, Jacob écrit à Lavater:
« Grâce à Dieu,  me voila arrivé chez moi, avec ma femme et mes enfants, toutes les bagages, les serviteurs et mon carrosse. Que Dieu et son serviteur si mal jugé, Cagliostro, m’aident à remercier pour tout le bien que j’ai reçu. Les dernières dix-sept mois ont été comme un rêve, que j’ai vécu dans ses différentes situations, un très beau et merveilleux rêve. J’espère qu’il me fasse être un meilleur homme pour le reste de ce rêve, qui est la vie. J’espère pouvoir pendre avec moi quelque chose de ce rêve au delà de la tombe, le moment de ma mort. Cagliostro ne s’est jamais montré si grand que les derniers rencontres que nous avons eus et le moment de notre départ. »

Après leur départ, les disciples strasbourgeois informeront régulièrement Jacob et Gertrude des miracles et des actions d’e Cagliostro. On peut lire dans une lettre écrite par Straub le 13 octobre 1782 :
«Je profite à la hâte de l’occasion qui se présente pour le retour de M. Wieland de votre ville pour vous envoyer de la part de notre bon et cher Maître avec sa bénédiction du Seigneur de Seigneurs une boîte qu’il vous prie d’accepter de sa part, comme un témoignage de son amitié. La Maman vous fait milles amitiés».

On remarquera dans ces lettres l’attachement affectif et les tendres superlatifs, que les disciples utilisaient pour nommer Cagliostro (le bon, le cher maître) et sa femme, Sérafina (la maman).

Et le 26 octobre 1782:
« Le cher Maître et la chère Maman actuellement se portent à merveille. Le Maître vous fait milles amitiés et vous donne sa bénédiction. Il me charge de vous dire qu’il vous aime, vous embrasse et pense et pensera toujours à vous. Nous en faisons tous autant, mais tout cela ne nous rend pas votre chère et aimable présence. »

Le 11 janvier 1783, suite à une invitation que Cagliostro avait envoyée à Jacob et Gertrude pour venir à Strasbourg, Straub écrit :
«Vous êtes attendus ici, mes très chers amis, comme les hébreux attendaient la Messie ; tous les jours sont comptés. Arrivés donc pour voler entre les bras de l’amitié. »

Mais comme ses affaires exigeaient la présence de Jacob à Bâle, c’est Cagliostro qui se déplacera à la Maison Blanche, fin mars 1783. A cette occasion il visitera, avec Jacob, le pavillon que l’on  avait construit à Riehen, d’après ses indications précises.

Lors de son retour à Strasbourg, il réitérera l’invitation, comme on peut le lire dans une lettre de Straub, datée du  3 avril 1783:  
«Je ne sais, Monsieur cher ami, si le cher Maître vous a écrit ou non, mais je sais bien qu’il a annoncé partout, avec le ton d’intérêt qui lui est propre, votre prochaine arrivée et les ordres sont donnés pour vous loger. Venez donc promptement, mais avant tout rendez au cher Maître les services qu’il vous demande par l’ami Ramond (de Carbonnières, le secrétaire du cardinal de Rohan). Donnez nous aussi des nouvelles de la jambe de notre chère et bonne amie Mme Sarasin, mais donnez nous en des bonnes. J’espère que pour cette fois-ci au moins, vous pourrez manger ma soupe à la bourgeoise, nous arrangerons cela lorsque vous serez arrivé. Le cher Maître vous recommande de ne point vous gêner pour votre arrivée. »

Hélas, encore une fois, les affaires ne permettront pas à Jacob de répondre à cet appel. Mais le 22 avril , Gertrude se rend seule à Strasbourg. La joie de tous est immense, comme on peut le lire  dans une lettre de  Straub, datée du 23 avril 1783. «Je vous annonce, mon cher ami, avec le plus grande satisfaction l’heureuse  arrivée de Mme Sarasin en cette ville. J’ai eu le grand plaisir de l’embrasser et  d’apprendre de vos nouvelles hier à 4 heures ¾ du soir a Plobsheim, où toute la colonie baloise, la principauté de Neuchâtel et les disciples du cher Maître l’attendaient. Nous sommes entrés en ville avec un carrosse à six, quatre à quatre et huit chevaux de galle, jugé du bruit et du tapage que cela a fait et fera, surtout en ce moment ci. Notre chère amie se porte à ravir, pour hier seulement nous lui avons fait grâce et laissée se coucher à 10 heures, cela ne fera pas de même pour aujourd’hui ou bien elle dira  pourquoi.»

Lors de leur séjour chez Cagliostro, Jacob et Gertrude avaient appris à préparer ses principaux remèdes : le vin d’Egypte, les gouttes jaunes etc. Contrairement à ce que l’on avait écrit sur sa personne, Cagliostro avait confié ses recettes à quelques personnes de confiance. De retour à Bâle, Jacob installera un laboratoire dans sa  demeure. De nombreuses références à ces remèdes, à la  difficulté de trouver certains ingrédients, aux réussites ou échecs,  aux préparations laborieuses,  se trouvent décrits dans la correspondance entre Jacob et les élèves strasbourgeois de Cagliostro. De ces missives  on s’aperçoit  que  « les enfants » de Cagliostro échangeaient entre eux des remèdes, des ingrédients et partageaient leurs expériences. Dans les Archives Sarasin, on trouve deux carnets contentant des recettes de Cagliostro, telles qu’ elles ont été notées par Jacob. En les lisant on peut se rendre  compte de la valeur exceptionnelle des connaissances médicales,  alchimiques et spagyriques de Cagliostro.

En juin 1783, Cagliostro quitte Strasbourg, mais il reste en correspondance avec ses amis et disciples. Ils ne se reverront qu’en 17787, dans des circonstances pas très agréables pour Cagliostro. Après avoir été exilé de France suite à l’Affaire du collier et persécuté par des atroces calomnies à Londres, le comte  trouvera refuge en Suisse, avec l’aide de Jacob Sarasin.

Il aura la joie de revoir son Maître le 5 avril 1787 et l’héberger dans la Maison Blanche jusqu’au 17 juin 1787. Cagliostro mettra le 2 mai 1787 les bases d’une Loge mère des pays helvétiques. Le décor était très simple, plutôt une salle de réunions mystiques qu’un temple maçonnique, sans les symboles et les ornements spécifiques. Durant les cérémonies, Félix, le fils aîné de Sarasin, était le pupille, l’enfant innocent. Fin mai il se rendra , avec Jacob au Congrès de la Société helvétique de Olten ou sa présence fera une grande impression.

Entre temps, Gérard Teise, l’ami des Sarasins qui avait eu la mission de conduire en toute sûreté Cagliostro à Bâle, regagnera  Londres afin d’accompagner Sérafina en Suisse. Elle parviendra  à Bâle avec Teise et le couple Loutherbourg, le soir du 17 juin. Le 29 juin Jacob les accompagnera  tous à Bienne, une charmante localité située au bord du lac du même nom, à 90 kilomètres de Bâle. On y avait aménagé une jolie maison, le Rockhalt. Lucy et Philippe de Loutherbourg deméureront dans un pavillon dans la même maison et Suzette, la fille de Jacob,  âgée  de 14 ans, restera à Bienne, pour tenir compagnie à la comtesse.
 
Le 5 juillet, Jacob écrit de Bienne à Duval d’Epremesnil: «Je me trouve dans ce moment ici, pour avoir accompagné M le comte et Mme la comtesse de Cagliostro a leur nouveau domicile, où ils paraissent fort bien se plaire et où ils sont fetés comme ils le meritent. Faisant tranquillement le bien et se vengeant de ses envieux en ne leur laissant que la bonne cause a persifler. M. le Comte espere trouver enfin ici la paix qu’il cherchait ailleurs.»

Mais la tranquillité ne durera pas. Au mois du décembre 1787 éclate le scandale Loutherbourg.  Pour des raisons qui restent obscurs, Philip Loutherbourg menace de tuer Cagliostro. Jacob se rends  à Bienne le 10 janvier pour désamorcer le conflit. A son retour à Bâle le 16 janvier il ramène avec lui sa fille, Suzette, mais aussi le comte Alexandre et Sérafina. Ils resteront  à la Maison Blanche jusqu’au 8 février, lorsqu’il seront de retour à Rockhalt. Le 6 mai 1788 Cagliostro souhaita  se rendre a Olten pour le congres de la Société helvétique. Mais l’accueil ne sera pas le même que l’année précédente à cause des campagnes calomnieuses qui l’avaient suivi jusqu’en Suisse. Le 19 juillet Jacob se rendra à Rockhalt pour une dernière fois, et Cagliostro quitta Bienne la nuit du 23 juillet 1788 pour s’acheminer à Aix les bains, mais il ne retournera plus jamais à Bienne, comme Jacob l’espérait. Il progressera alors vers  l’Italie.

Le 23 décembre 1788, Jacob lui enverra  la lettre suivante, dont le sujet reste mysterieux :

«Bien-aimé père et vénéré Maître,


Le cœur me saigne en me voyant à tel point méconnu. Etre intéressé ne fut jamais mon défaut et ne saurait le devenir. Ah, si je l’eusse été, combien moins j’aurais souffert en maintes occurrences ! Mais souffrir sans relâche semble ici-bas mon lot.

Je puis, sans la moindre crainte, protester devant le tribunal du grand Dieu que mes intentions on toujours été loyales et sincères, et que si j’ai péché dans les derniers temps, cela n’a jamais été de propos délibéré.

Que pourrai-je ajouter à cela qui ne soit inutile ? Il vous est loisible, pour peu que vous le souhaitiez, de connaître mes pensées les plus secrètes. Loin de redouter ce contrôle, je l’appelle de tous mes vœux.

En attendant, je m’efforcerai de suivre fidèlement la doctrine épurée et spiritualiste qui doit me servir de guide, non sans espérer que la Divine providence m’accordera un jour la grâce de jouir de notre réconciliation.

Ma chère épouse, les miens et tous nos frères se prosternent avec moi à vos pieds. En me recommandant encore une fois à votre bienveillance et sollicitude paternelles, je reste avec une vénération et une tendresse non douteuse.

Votre très humble fils et serviteur,
Jacob Sarasin. »


Le 27 décembre 1789 Cagliostro fut arrêté par l’Inquisition romaine. Le malheur ne tarda pas de frapper la maison Sarasin.  Le 26 janvier 1791, jour de son 49ème anniversaire, Jacob perdra son épouse, Gertrude, qui  mourut  après une lente agonie. La douleur de Jacob fut extrême. Le 5 février 1791, lorsque le cardinal de Rohan, qui n’était pas au courant de cette triste nouvelle, lui écrivit pour lui demander de l’argent, il lui répondit de cette manière :

«Vanité des vanités, Monsieur, tout est vanité. Rang, titre, naissance, biens de ce monde, santé, prospérité, jouissances, ambitions, prétentions sur les hommes, tout n’est rien que néant, boue et misère. La crainte de Dieu, le sang du Christ et l’assistance du Saint Esprit, voilà les seuls biens permanentes dans ce monde et dans l’autre. Vous, Monseigneur, avez perdu par les décrets inexplicables de la Providence tout ce qu’on ne devrait jamais pouvoir craindre de perdre en ce monde et le doigt de Dieu a été visiblement sur vous, comme sur toute la France. Peut-être veut-il vous préparer d’autres rangs, d’autres jouissances et une autre patrie dans un monde meilleur.

Moi, de mon côté, j’ai perdu physiquement tout ce que j’avais de plus cher au monde, la meilleure partie de mon existence, celle en ,et par qui je vivais, sans laquelle je n’avais eu pendant vingt et uns ans, ni plaisirs, ni peines, ni consolations, la mère de mes huit enfants, mon épouse. L’Eternel a retiré son âme à Lui et dans ce moment, elle prie pour moi et pour vous, Monseigneur, et pour tous ses autres frères et sœurs, afin que nos yeux soient dessillés et que nous soyons  plus dignes que nous l’avons été jusqu'à présent de voir la lumière.»

Un français, le comte d’Estillac, qui s’était mis dans la tête de sauver Cagliostro de sa prison, écrivit à son tour à Sarasin, prétendant qu’il avait eu un entretien secret avec lui dans le château Saint Ange. Il lui présenta un plan de d’évasion et lui demandera de l’argent pour cette action. Jacob lui répondit ainsi le  8 février 1791:

« Je vous suis obligé, Monsieur, des détails que vous me donnez sur mon infortuné ami, et j’aurais dû même désiré qu’ils fussent plus amples, si cela s’était pu. J’ai toujours cru que là, comme partout d’ailleurs, il avait été victime de sa propre façon d’agir…Je sais même (ou tout me trompe) qu’il sortira de là comme de l’Inquisition d’Espagne et du Portugal, de la Bastille et deux fois des prisons de Londres. M’en mêler, ce serait, il me semble plus gâter que bien faire. Des raisons, on n’en dit pas au Pape ; de la puissance, je n’en ai point à opposer à celle qui agit directement ou indirectement (certainement contre ses propres intérêts) ; des moyens pécuniaires, je n’en ai point à prodiguer et suis au contraire contraint à me restreindre… ; et des voyages, les miens sont tous faits, hors le dernier. Je ne vois donc guère où mon amitié, quelque dévouée qu’elle lui soit, puisse lui être utile. »

Et encore le 12 avril 1791, après les insistances d’Estillac: « L’intérêt que je prends à la personne en question n’est pas de ce monde. Au contraire ; je suis convaincu qu’il sera toujours malheureux ; parce qu’il le veut et doit l’être, sans quoi il aurait le choix d’être bien. »



(1) Une très intéressante généalogie de la famille Sarasin peut être trouvée à l'adresse: www.stroux.org/patriz_f/stSa_f/SaD_f.pdf