Chronologie


27 mai 1748
Celui qui deviendra célébre dans toute l'Europe sous le nom d'Alexandre Cagliostro est né en 1748 à Médine ou à Malte.
Vers la fin de sa vie, ses ennemis répandront le bruit qu’il était né à Palerme, le 2 juin 1743, pour l’identifier avec l’escroc Joseph Balsamo.


1748-1760 Médine
Jusqu'à l'âge de 12 ans il vit dans le palais du Muphti Salahaym. Il est élévé par son précepteur, Althotas, qui l'instruit dans les sciences et les langues. Dès sa jeunesse, il montre beaucoup d’intérêt pour la médicine et la chimie. Il apprend que ses parents étaient chrétiens et d'origine noble, et qu'ils sont morts lorsqu'il avait trois mois. Pendant toute cette période il porte le nom d'Acharat.


1760-1763 Mecque
Il va avec Althotas  à Mecque et il y habite le palais du Shérif.


silhouette

 

 

1763-1766 Voyages en Egypte, Afrique, Asie
Il quitte Mecque et visite l'Egypte et plusieurs royaumes de l'Afrique et de l'Asie.

1766 Malte

En 1766, à l'âge de 18 ans il arrive par la voie de Rhodes à Malte. Il est logé dans le palais du Grand Maître Pinto et fait connaissance du chevalier Luigi d'Aquino de Caramanico.
C'est ici qu'il prend le nom Cagliostro et porte pour la première fois des habits européens.
Après la mort d'Althotas il décide de quitter l'île de Malte. Le Maître Pinto lui propose d'y rester et faire les voeux pour devenir chevalier. Il le refuse pour se dédier à la médicine et voyager au bénéfice des pauvres.

Il quitte Malte accompagné par le chevalier d'Aquino. Ils visitent ensemble la Sicile, les îles de l'Archipel et arrivent à Naples, ville natale du chevalier. D'ici il part seul à Rome.

1768 ou 1769 – 1770 Rome
Nous ne connaissons pas le moment exact de son arrivé à Rome. Mais c’est ici qu’il rencontre sa compagne, Sarafina. Fille d’un modeste fondeur de cuivre d’après certains, princesse della Croce d’après Cagliostro, leur mariage aura lieu en 1770 et lui créa des ennemis. Il sera obligé de quitter Rome.



silhouette

1770 – 1776
Il existe dans la vie de Cagliostro des périodes comme celle-ci, dont on ne connaît pas trop de détails. Lui-même racontera plus tard avoir voyagé pendant ces années en Espagne, en Portugal et passer par Cadix.

Le fait de voyager sous de différents noms lui permettra de garder l'incognito, mais offrira aussi à ses ennemis, surtout vers la fin de sa vie, l’occasion de lui attribuer de fausses identités. Des ennemis, il y en aura beaucoup, car il va déranger les médecins officiels de l’époque par ses guérissons miraculeuses, les grands et puissants par son esprit vif et souvent trop direct,  les rationalistes par ses principes et pratiques spirituelles. A partir du 1780, mais surtout après 1786 ils publieront contre lui  un grand nombre de pamphlets où il est nommé tantôt Ticho, tantôt  Baltymore, tantôt Cadislecker, tantôt Balsamo. Pour le discréditer, à defaut de détails sur sa vie, on fabriquera des histoires sur sa vie qui suivent le même scénario : une basse origine, des professions méprisés par les nobles d’époque – cocher, perruquier, serviteur – des escroqueries, des vols, des problèmes incéssantes avec la police.

Il avouera en 1787 avec sincérité d'avoir porté des noms différents: «Voulant n'être pas reconnu, il m'est arrivé de voyager sous différents noms. Je me suis appelé successivement le Comte Harat, le Comte Fénix, le Marquis d'Anna. Mais le nom sous lequel je suis le plus généralement connu en Europe est celui de Comte de Cagliostro. Je conviendrai de bonne foi, que j’ai porté dans les différentes parties du monde beaucoup de noms différents, mais je soutiens avec la même bonne foi, que je ne me suis appelé ni Ticho, ni Baltymore, ni Balsamo, ni Mélisa, ni Cadislecker.»

 silhouette


Juillet 1776 – novembre 1777 Londres
Il arrive en juillet 1776 avec sa femme à Londres et prend un appartement Whitcomb Street no. 4. Début janvier 1777, il est obligé de changer de domicile, pour fuir des escrocs qui essayaient d'obtenir de lui (par chantage) les numéros gagnants à la loterie. Il loue le premier étage d’une maison située Suffort Street. Les escrocs le suivent et font du tout pour le déterminer à dévoiler ses secrets. Pour entrer dans la possession des documents, dont ils croyaient contenant la méthode pour deviner les numéros gagnants, ils usent de la complicité des policiers corrompus et le font arrêter. Après avoir souffert les persécutions d’un système corrompu, il part pour Bruxelles en novembre 1777.

Novembre 1777 – Février 1779
Une autre période peu connue. Il se trouve probablement en Hollande en 1778 et à Konigsberg en Février 1779.


silhouette

 

Février 1779 - fin Mai 1779 Mitau, capitale de Courlande (aujourd’hui Jelgava, Lettonie)
Il y installe une loge égyptienne et fait plusieurs expériences théurgiques et alchimiques, relatées par son disciple, Eliza von der Recke.

5 juin 1779 – mars 1780 Sankt Petersburg, Russie
Il y connaît le favori de la tsarine Catherine II, le prince Potemkin. Il est célèbre par ses guérissons miraculeuses, mais entre en conflit avec le médecin de la tsarine, le docteur Rogerson qui complote pour le chasser de la Russie.

Fin avril 1780 – juin 1780 Varsovie, Pologne
Il fait des expériences alchimiques à Vola, résidence du prince Poninski, près de Varsovie. Après un conflit avec le comte Moszynski, personnage très sceptique qui ne pouvant pas s’expliquer ce qu’il voit, l’accuse d’escroquerie, il quitte Vola pour Varsovie où il continue à réaliser des  guérissons.

Juillet- août 1780 Stockholm, Suède


silhouette



19/27 septembre 1780 – 1783 Strasbourg, France
Il fait environ 15 000 guérissons, des cas désespérés, abandonnés part la médicine officielle. Il ne demande pas d’argent pour ce qu’il fait et offre souvent des secours  matériels aux pauvres. Il n'a que 33 ans lorsque sa carrière devient publique et célébre. Il connaît le cardinal de Rohan. Entre autres, il guérit la femme d’un riche commerçant de Bâle, Jakob Sarasin. Sauvée de la mort Gertrude Sarasin et son mari deviendront ses plus proches et fidèles disciples, ainsi que des amis dévoués. Il les visite souvent à Bâle.


Sur les instances du cardinal de Rohan il fait un court séjour à Paris pour soigner le parent du cardinal, le prince de Soubise, qu’il guérit. Cela fait que de nombreux malades de Paris vient à Strasbourg pour le consulter. Il entre en conflit avec les médecins de la faculté de Strasbourg, qui trouvent un allié crédible en Saachi, ex serviteur de Cagliostro. Les premiers pamphlets contre lui commencent à circuler.

Juin 1783 – Août 1783  Naples
Il quitte tout d’un coup Strasbourg après avoir appris que son ami, le chevalier d’Aquino est gravement malade à Naples. Le chevalier donne son dernier soupir début juillet.  Cagliostro part vers Rome et de là en France, avec l’intention d’aller à Londres.


silhouette

8 novembre 1783 – octobre 1784 Bordeaux
Sur les instances de plusieurs personnes de Bordeaux il change ses plans et s’y arrête. Il se remarque par ses nombreuses guérissons. L’afflux de malades est si grand que les autorités sont obligées d’installer des soldats pour garder l’ordre autour sa maison. En mai 1784, il tombe malade d’une forte fièvre qui ne le quitte pas pendant des semaines.

10/20 octobre 1784 – 27 janvier 1785 Lyon
Le 24 décembre 1784 il inaugure, à la demande de ses disciples lyonnais, une loge égyptienne, La Sagesse Triomphante, qui deviendra la loge mère de son ordre initiatique. Le 29 décembre 1784 il y rencontre Jean-Baptiste Willermoz, dont son secrétaire Rey de Morande était le neveu.

30 janvier 1785 – 20 juin 1786 Paris
Il arrive à Paris le 30 janvier vers 9 heures du soir. Il refuse l’invitation du cardinal de Rohan d'habiter son palais de Paris et pendant quelques semaines il habite un hôtel garni près le Palais Royal. Par suite,  il  loue le premier étage d’une masion située Rue Saint Claude.

Le 15 février les travaux du couvent maçonnique de la loge des Philalètes sont repris, après des vaines tentatives à trouver une note commune pour la maçonnerie de l’époque.  Il intervient en leurs demandant avec autorité de s’unir autour de lui et adopter les principes de son Ordre égyptien.

Le 15 août, six mois après ce conflit, éclate le célèbre scandale du collier de la reine. Son ami et disciple, le grand aumônier de France, le cardinal de Rohan, qui avait décidé l’aider et en avait aussi les moyens pour faire reconnaître l’Ordre égyptien par l’église française, est arrête à Versailles.
Il est arrêté, ainsi que sa femme, le matin du 23 août et emprisonnés à la Bastille, suite aux accusations de la réelle coupable, la comtesse de la Motte. Victime innocente des mensonges de cette femme, Cagliostro se trouve dans l’impossibilité d’aller à Lyon pour consacrer la loge mère la Sagesse Triomphante, cérémonie d’extrême importance pour l’Ordre égyptien.

Le moment de l’arrestation, son argent, ses bijoux, ses biens, surtout des livres rares, des précieux papiers, des remèdes, des élixirs font objet du pillage. La police est complice. Après des mois de détention, sans être accusée dans le procès, sa femme Sarafina est enfin libérée de la prison le 26 mars 1786. Cagliostro doit encore rester à la Bastille jusqu'à fin mai. Il demande à plusieurs reprises la restitution de ses biens. Il porte plainte et accuse d’abus de pouvoir et complicité au pillage deux personnages importants: le gouverneur de la Bastille De Launay et le commissaire Chesnon, celui qui avait conduit la perquisition le moment de son arrestation.

Le 31 mai il est acquitté en unanimité. Malgré cette décision qui lui rend justice et montre son innocence, le roi Louis  XVI lui ordonne le 1 juin de quitter la France. Il se retire à Passy, d’où il part vers l’Angleterre. Des milliers de personnes arrivés de toute la France  l’accompagnent et le bénissent à son départ. La Sagesse Triomphante sera consacrée en son absence le 25 juillet 1786 à Lyon.


silhouette


20 juin 1786 – 30 mars 1787 Londres
Il loue une maison Sloane Street, Knightsbridge, no 4. Il continue ses démarches pour récupérer ses biens et recevoir des dédommagements. Le système francais se déchaîne contre lui pour masquer les abus de ses représentants. Une terrible campagne de presse financée en secret par le ministre francais est démarrée contre lui à Londres, après avoir publié une Lettre au peuple francais, le 20 juin 1786, où il annonce la chute de la Bastille et le régime de Napoléon. La plume empoisonnée sera celle d’un journaliste de scandale, Theneveau de Morande, qui avouera être payé par la  France. C’est lui qui lancera publiquement l’histoire honteuse de Joseph Balsamo et la faire répandre en toute l’Europe. Cagliostro lui répond en publiant une Lettre au peuple anglais. A cause des menaces et chantages continus il décide de quitter l’Angleterre et aller en Suisse, chez Sarasin.

 5 avril 1787 – 24 juillet 1788 Suisse

Il arrive à Bâle et habite chez Jacob Sarasin jusque le 17 juin, moment où sa femme arrive elle aussi en Suisse. Le 3 mai il fait l’inauguration de la Loge mère des pays helvétiques de l’Ordre égyptien.

Le 29 juin 1787 il s’établit avec sa femme à Bienne, dans une charmante propriété appelée Rockhalt. Début décembre éclate un nouveau scandale. Le peintre Philippe Loutherbourg, qui avec sa femme, Lucy, avait accompagnée la comtesse de Londres, menace de tuer Cagliostro, apparemment à cause d’une petite dette financière. Début janvier 1788, Jakob Sarasin est obligé de se déplacer à Bienne pour désamorcer le conflit. Il repart à Bâle le 16 du même mois, avec le comte et la comtesse. Ils y restent jusque le 8 février dans la maison Sarasin. Le 6 mai 1788 Cagliostro participe avec Jakob au Congres de la Société helvétique d’Olten. Il quitte Bienne la nuit du 23 vers le 24 juillet 1788.


silhouette

 

24 juillet 1788 – 24 septembre 1788 Italie
Il passe l’été à Aix les Bains, pour une cure nécessaire à la santé de sa femme. D’ici il part pour Turin. Il est expulsé le  23 août 1788 par le roi de Sardegne, suite aux insistances de la famille royale de France, ses parents. Il arrive à Alessandria en Italie, d’où se dirige vers Gênes  et  Vérone.

24 septembre 1788 – fin octobre 1788 Roveretto, Italie
De cette période il nous reste un ouvrage intitulé L'Evangile de Cagliostro, écrit par Clementino Vanetti, qui a noté les faits tel qu’il les avait vus. Un des rares témoignages véridiques sur Cagliostro.

Fin octobre 1788 – 17 mai 1789 Trente
Il arrive à Trente et vit dans l’entourage du prince évêque, Pierre Vigile Thun. Celui-là obtient du Pape un document qui garantit la sécurité de Cagliostro sur le territoire de l’état papal.  Il part donc vers Rome en totale confidence pour obtenir la confirmation de son Ordre égyptien  par le Pape.


silhouette


27 mai 1789 – avril 1791 Rome
Il habite un hôtel Piazza di Spagna. Le 29 août 1789 il change de maison, pour aller en Casa Mora, à La Scalinatta. Le 1er octobre 1789 nouveau délogement, Casa Conti, Place Farnèse.

Il ne réussit pas à se faire recevoir par le Pape.  Il est entouré par des espions, et sa femme est rapprochée par des prêtres, qui lui mettent la pression afin qu'elle se confesse. Le soir du 27 décembre 1789 il est arrêté par l’Inquisition est fermé dans le château Saint Ange. Sarafina est incarcérée dans la monastère Sant Apollonia, prison pour les femmes. Ses confessions et déclarations plus ou moins dictées par les inquisiteurs seront très précieuses pour condamner Cagliostro.

Le premier interrogatoire n’aura lieu qu’en mai 1790. Des tortures, des menaces et encore 43 interrogatoires vont suivre. Le 7 avril 1791 il est condamné à la mort, après un procès simulé. 109 accusations sont portées contre lui. On y trouve tout ce qui peut être imaginé de pire dans un être humain, ce que fait de Cagliostro un monstre : hérésie, mensonge, vol, escroquerie, falsification, prostitution, adultère, homicide, magie noire, complot contre l’état et le Pape etc.

A la base de ces accusations ? Des faux témoignages faites soit par haine, soit par crainte, suite à des menaces et tortures, le rejet des nombreux témoignages en sa faveur et beaucoup d’informations tirées de nombreux pamphlets contre lui. Pas des épreuves concrètes. Parmi ces infractions la plupart son civiles et ne devaient même pas être jugés par un tribunal religieux. Mais cela n’est qu’une des exceptions et contradictions de ce procès injuste. A la fin, le Pape Pie VI commue sa peine en prison à vie, qu’il va exécuter dans le château San Leo, près d'Urbino.


silhouette


20 avril 1791 – 26/27 août 1795 San Leo
Le 20 avril 1791 il est porté sous escorte à San Leo. Il aura interdiction de parler et d’écrire. Une grande partie de sa détention sera fermé dans une sorte de puits où on peut accéder que du plafond.

L'Inquisition indique qu'il est mort en 1795, la nuit du 26 vers 27 août, suite à une attaque cérébrale.  Des lettres  ecrites par Lavater à Jacob Sarasin indiquent qu'il a été assasiné - il est mort etranglé quelque jours avant la date indiquée par l'Inquisiton. Les Inquisiteurs craignaient que les troupes françaises qui ménacaient envahir l'Italie vont le libérer.  Les soldats de Napoléon arriveront en effet à la forteresse San Leo pour le libérer, en 1796, mais c'était trop tard. Sa mort reste un mystère, comme sa vie. Son corps n’a jamais été trouvé.