Straub : je ne connais pas d’homme qui l’égale

«Le cher Maître et la chère Maman actuellement se portent à merveille. Le Maître vous fait milles amitiés et vous donne sa bénédiction. Il me charge de vous dire qu’il vous aime, vous embrasse et pense et pensera toujours à vous. Nous en faisons tous autant, mais tout cela ne nous rend pas votre chère et aimable présence.


Depuis votre départ nous allons tous à tour le matin faire compagnie au Maître. A 11 heures, nous sommes relevés par le Baron qui porte ses respects très humbles. Après dîner je retrousse le plus tôt qu'il m’est possible fumer ma pipe avec le Maître chez madame Konaw. Je m’en vais à mes affaires à 3 ou 4 heures, en laissant le Maître entre les mains de Barbier, Planta et Luternau. J’y reviens à 6 ou 7 heures et trouve le Maître à défaire sa partie de trisept avec Madame de Konaw, le baron et la comtesse. De là, au souper.

 

Tous le jours se succèdent de même à l’exception de l’humeur qui n’est pas toujours égal. Je vais toujours tout doucement et mon amour et attachement pour le cher Maître vont toujours en croissant. Je ne connais pas d’homme qui l’égale. Le Duc nous fournit des occasions pour amuser le Maître, il nous est d’une grande ressource.»

Straub à Jakob Sarasin, Strasbourg, 26 octobre 1782

«Le cher Maître, mes chers et bons amis, est parti ce matin avec le baron de Planta pour Saverne d’où il reviendra ce soir. Il a fallu bien des aller et venir pour le déterminer a y aller, prétendant, avec raison, que c’est à l’homme rouge (le Cardinal de Rohan) à venir le premier le voir.

A ce sujet, il lui a fait dire une chose qui m’a fait le plus grand plaisir. C’est que le Comte n’est plus cette année ce qu’il a été l’année passée et qu’il ne sera plus l’année prochaine ce qu’il est actuellement

L’homme rouge s’était décidé en conséquence à venir faire sa visite de cérémonie au comte à Strasbourg, Cela a déterminé le cher Maître à y aller aujourd’hui, mais pour revenir le soir.»

Straub à Jakob Sarasin, Strasbourg, 9 octobre 1782